L'histoire de l'ancienne ville de Fumel se confond avec celle de son
château qui dès l'origine (les seigneurs de Fumel apparaissent dans les textes à la fin du XIe siècle) commandait le passage de la vallée du Lot, ce qui en fit un lieu très disputé.
Au XIIIe siècle, Fumel est une petite ville prospère dotée d'une charte de franchises et de coutumes (1265) qui régit l'économie, le droit et la morale. Cette période de propérité fut malgré tout une période de troubles, la région étant disputée par les anglais et les français.
Dès 1280, le seigneur de Fumel rend hommage au roi d'Angleterre et la seigneurie de Fumel restera jusqu'en 1414 aux mains des anglais.
A partir de cette date et jusqu'en 1442, la ville passera alternativement des Anglais aux Français et chaque fois, le château et le Fumélois ont à subir les sévices du changement notamment lors des raids organisés par les mercenaires de Rodrigue Villandrando.
Le château de Fumel sera relevé de ses ruines vers 1468. La ville, insérée dans les murs de l'enceinte extérieure du château, est à l'étroit. Elle a depuis longtemps une église (St-Antoine), une halle aux blés, une grande place publique : Le Postel, mais les maisons s'entassent et n'ont d'autre ressource que de s'élever, la plupart ont deux étages ; au XVIe siècle, quelques habitations s'établissent hors des murs, dans l'axe de la porte beffroi : c'est la naissance d'un quartier : le Barris. Mais cette expansion et l'organisation de la ville seront longtemps contenues par les dispositions prises après le meurtre d'un seigneur de Fumel.
La période des Guerres de Religion, prétexte à bon nombre de règlements de comptes, sera à Fumel marquée de violents affrontements entre les habitants de la ville et François de Fumel, leur seigneur. 1500 à 2000 personnes dont beaucoup venues d'autres villes investissent le château et le matin du 24 avril 1561, François de Fumel, Capitaine des Gardes du roi, ambassadeur d'Henri II de Constantinople, est tué. En avril 1562, la répression conduite par Blaise de Montluc est sanglante, impitoyable et ruineuse. L'abrogation de tous les privilèges contenues dans la charte des franchises et coutumes porte un grand coup à la cité. Désormais, l'organisation économique et sociale de la ville tombe du fait de l'abrogation dans un état de totale dépendance vis-à-vis du seigneur.
Cette situation de la ville condamnée, réduite aux limites étriquées de sa vieille enceinte, dura jusqu'en 1789.
Depuis le XVIIIe siècle, deux marchés chaque semaine (le mardi et le vendredi, comme aujourd'hui encore), et seize foires dans l'année, animaient cette petite ville rurale qui avait en outre une activité commerciale avec ses trois ports : le port du Passage au Sud-Ouest, celui de Libos à l'Ouest, et celui de Condat à l'Est. On expédiait par voie fluviale vers Bordeaux le papier fabriqué dans les papèteries de la Lède, de la Lémance et de la Thèze, dont une certaine qualité dite aux "Armes d'Amsterdam" était destinée à la Hollance ; on expédiait aussi une partie de la production des forges établies dans les mêmes vallées, notamment les chaudières pour le raffinage du sucre de canne, qui de Bordeaux partaient pour la Martinique, Saint-Domingue ou la Guadeloupe.
Des trois ports partaient aussi des parements de pierre provenant des carrières de Condat ainsi que les blés et les châtaignes de l'arrière pays.
La période révolutionnaire abolissant les mesures draconienne pesant sur les habitants depuis le XVIe siècle, ouvre une ère nouvelle d'espérance. Fumel prend une importance administrative, elle est chef-lieu de canton depuis 1790. La population de la commune a plus que doublé : 1034 habitants en 1806, 2348 en 1834. En 1845, un pont suspendu est réalisé afin de faciliter la circulation entre Fumel et la plaine de Montayral. D'autres projets sont menés à bien : un cimetière (1843), une école communale (ouverte en 1865), un presbytère et une nouvelle église (la construction débuta en 1865)

L'usine
La ville ne prit réellement son essor qu'après 1847, date à laquelle l'usine métallurgique s'installera au bord du Lot. Cette installation à Fumel ne doit rien à l'insfrastructure préexistante datant du XVe siècle, elle fut créée en fonction de la future ligne de chemin de fer du département, dans une région où l'exploitation à ciel ouvert du minerai de fer était intéressante.
Plus tard, l'usine se spécialisera dans la fabrication de tuyaux.
En 1988, l'usine renforce son activité et devient la Société Aquitaine de Fonderie Automobile (SADEFA).
