 Bonaguil vers 1250 |
Le premier château de Bonaguil fut édifié sur
une aiguille rocheuse autour des années 1250, par le chevalier Arnaud La Tour de Fumel.
Les premiers seigneurs de Bonaguil ayant, durant la guerre de cent ans, pris le parti des anglais,
le château, constitué à l'époque par une tour pentagonale flanquée d'une salle servant de logement à
la petite garnison du poste, fut pris et repris, attaqué, incendié, et finalement abandonné.
Il restait cependant la propriété de la famille de Fumel. |
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Mais, le 11 novembre 1380, par le mariage de Jean de Fumel-Pujols, baron
de Blanquefort, avec Jeanne-Catherine de Roquefeuil, il passe dans le patrimoine des Roquefeuil-Castelnau, Jean de Fumel-PuJols prenant, à
l'issue de ce mariage, le nom de Roquefeuil. Antoine de Roquefeuil, fils de Jean et de Jeanne-Catherine, dont il hérita en 1406, réunit donc
dans ses mains les fortunes des Gordon et des Roquefeuil y compris ce qui venait des seigneurs de Fumel et de Pujols.
Son fils, Jean de Roquefeuil, baron de Blanquefort, se maria le 4
juillet 1444 avec Isabeau de Peyre, et à cette occasion abandonna son château de Blanquefort pour venir s'installer à Bonaguil. |
 À la fin du XV ème |
| Dès
1445, il procéda à d'importantes transformations du dit château, exhaussant les murs de la salle au niveau de la
tour, et bâtissant une tourelle accolée à ce nouveau donjon, pour en desservir les étages. Plus tard il
édifia côté ouest un bâtiment longiforme, destiné à loger sa famille. Il eut, en
effet, neuf enfants : Antoine, Louis, Bérenger, Guillaume, Jeanne, Marguerite, Isabeau, Catherine, et Delphine. |
Il
fit son testament le 4 juin 1477, mais le modifia le 9 février 1480 par un codicille en vertu duquel, ses deux aînés
étant morts, il instituait pour unique héritier de tous ses biens son troisième fils, Bérenger.
Ainsi, jusqu'en 1482, date de la mort de son père, Bérenger
fut seulement baron de Blanquefort, et vécut très vite hors de Bonaguil, soit au château de Castelnau, soit à
la cour du roi Louis XI, à Amboise, ou il épousa Anne- Gâtine de Tournel, fille de la gouvernante du Dauphin.
A Castelnau, depuis plus d'un siècle, des différents
incessants opposaient les seigneurs à leurs sujets. Bérenger donna à ces différents un tour plus
« musclé », envoyant la troupe contre ses vassaux trop remuants. Ceux-ci le traduisirent devant la
Justice du Roi, qui donna raison aux plaignants, et obligea Bérenger à faire amende honorable, le 10 décembre 1493.
C'est semble-t-il à la suite de cette pénible affaire que Bérenger abandonna, fin 1493,
le château de Castelnau, et vint habiter Bonaguil ou il entreprit de grands travaux d'aménagement. |
Durant
ces travaux, qui devaient durer trente ans, Bérenger fit doubler les murailles du château médiéval par
une seconde enceinte, élever des tours rondes couronnées de mâchicoulis, notamment la Grosse Tour, implantée
exactement dans l'axe de la vallée, et plus haute que le donjon médiéval. Il fit établir, au côté
du coteau, une forte barbacane, ingénieux ouvrage de défense séparée du château proprement
dit par un profond fossé, sur lequel furent lancés deux ponts-levis.
Bérenger mourut en 1530, léguant Bonaguil, et tous ses biens, à
son fils Charles. Celui-ci avait épousé, le 15 mars 1519, Blanche de Lettes de Montpezat, qui, aimant le luxe, les
fêtes, les prodigalités, finit par compromettre gravement l'immense fortune des Roquefeuil.
Noter sur ce dessin ci-contre la taille de la terrasse ouest avant les travaux de Marguerite de Fumel |

Le château au XVI ème Tentative de restitution, vue de la colline proche de la barbacane. Dessin de J. De Sousa |
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Une grande partie de sa vie aux armées,
il combattait dans les rangs catholiques, cependant que son frère Honorat se battait dans les rangs protestants.
A la suite d'une dette qu'il ne pouvait payer, il dut remettre
Bonaguil au seigneur de Pardaillan en 1618. Mais ayant rétabli ses affaires il racheta bientôt le château à ce dernier.
Antoine-Alexandre, fils aîné d'Antoine de Roquefeuil, lui succéda,
et fut le premier des Roquefeuil à porter le titre de Marquis. Il mourut en 1639, et avec lui s'éteignit la
descendance mâle des Roquefeuil. Il laissait Bonaguil, à demi ruiné, à sa fille, Marie-Gilberte de Roquefeuil.
Celle-ci, écrivait Philippe Lauzun, malgré son sexe, releva la fortune de sa maison, et, à
force de fermeté d'énergie et de persévérance, finit par triompher de toutes les embûches que ses propres parents lui tendirent,
en vue d'accaparer sa fortune. Sa vie ne fut qu'une longue suite de luttes, de procès, et aussi de triomphes.
Marie-Gilberte, à peine en possession de Bonaguil, se maria, le 9 juillet
1639 (elle avait 13 ans), avec le marquis de Coligny-Saligny, capitaine-lieutenant des Gendarmes de la Reine, et descendant du fameux amiral de
Coligny. Elle eut deux enfants, Gaspard, mort sans postérité, et Isabeau, mariée plus tard à Noël-Eléonor-Palatien
de Dio, marquis de Montpeyroux, qui devait ultérieurement hériter du château de Bonaguil. |
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Marie-Gilberte se remaria le 27 février 1655 avec Claude-Yves de Toursel,
marquis d'Allègre, dont elle eut deux enfants, un fils, François, et une fille, Marguerite, mariée plus tard
à Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seigneuley, ministre de Louis XIV.
Le sire François de Roquefeuil baron de Saint-Jean, avait des
prétentions sur l'héritage de la famille. En 1656 il prit possession, à la tête de ses soldats, du château
de Flaugnac, près de Castelnau-Montratier, et le garda plus d'un an en dépit des arrêts du Parlement de Toulouse.
"La même année, et de la même façon, il s'empara du château de Bonaguil. Il en fit
lever le pont-levis et y posa une garde, avec des sentinelles bien armées, pour empêcher l'entrée du château
à la dite dame d'Allègre, et à tous autres. Il en emporta les meubles, la vaisselle d'argent, l'or et l'argent
monnayé, les pierreries, les billets et autres effets qui étaient enfermés à clef dans le Trésor
du dit château de Bonaguil ou il ne fut pas possible à la dite dame de pénétrer." (Philippe Lauzun). |
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Sur la plainte de Gilberte de Roquefeuil, le baron de Saint-Jean fut
décrété de prise de corps, et condamné à rendre Bonaguil à sa légitime propriétaire,
le 23 octobre 1677.
Gilberte, à la fin de sa vie, résidait à Paris, et
venait rarement à Bonaguil, qui, laissé à l'abandon, se détériora peu à peu. Elle
mourut à Paris le 1er février 1699, laissant Bonaguil à son petit-fils, François-Gaspard de Montpeyroux.
Celui-ci fut lieutenant-général des armées du Roi,
puis maître de camp général de la cavalerie légère de France, et prit part à toutes les guerres de la fin du règne
de Louis XIV. Il fut donc rarement présent à Bonaguil, et à sa mort céda le château à sa soeur, Jeanne-Baptiste de
Montpeyroux. Celle-ci, mariée au comte Roger de Langeac, ne garda pas Bonaguil. Le 1er septembre 1719, elle vendit, pour éponger ses dettes, les
châteaux de Bonaguil et Blanquefort à Jean-Antoine de Pechpeyrou-Beaucaire. |
Son fils, à son tour, revendit Bonaguil, le 22 avril 1761, à Dame
Marguerite de Fumel, veuve du très puissant seigneur Emmanuel de Giversac. Elle habita régulièrement Bonaguil, jusqu'à sa mort en 1788,
et y fit plusieurs réparations et aménagements, notamment dans les appartements compris entre la tour-rouge et la grosse tour.
Son neveu, Joseph-Louis de Fumel, né en 1761, page de Monsieur, frère du Roi, puis capitaine,
hérita de Bonaguil à la mort de Marguerite. Dès le début de la Révolution, le 2 octobre 1789, il émigra. |

Vue cavalière. Violet le DUC. Encyclopédie Médiévale, tome I. |
| Ses biens furent adjugés à la Nation. Les meubles furent vendus
pour payer les gages des domestiques. Une partie de la literie fut réquisitionnée pour l'armée, le 2 messidor an II. Les toitures furent
enlevées, les créneaux rasés, les planchers, portes et fenêtres, vendus.
Après le 9 thermidor, la famille de Fumel rentra en possession du château, mais ne le conserva pas.
Le comte Pons-Maxime de Fumel le vendit, le 5 février 1799, à Jean-Antoine Troupel-Lagrave.
A sa mort, le 18 septembre 1828, le château revint à
son héritier, M. Augier de Salles, qui le vendit le 29 mars 1841 à M. Laulanié, Maire de Saint-Front.
En 1860, les frères Laulanié le vendirent à la
Commune de Fumel pour la somme de 3 000 francs.
Classé Monument Historique en 1862, le château fut nettoyé, et certaines parties consolidé
es, en 1882. Le couronnement du donjon fut refait en 1900. Diverses restaurations ont été effectuées en 1950, 1977 et 1985. |